
Et bien ça, c'est la meilleure ! Je viens tout juste de me faire remonter les bretelles par Boss domestiqué... Sur le motif suivant : j'ai demandé à mon collègue s'il avait fait un café ! Pas mal, hein ? Je m'explique...
Ledit collègue (gentil mais faux cul) a cet avantage énorme sur moi d'arriver "tôt" le matin, contrairement à ma petite gueule d'amour qui débarque en milieu de matinée. Je reconnais abuser un peu en ce moment, mais je ne compte pas mes heures, sachant que je décolle rarement avant 19h30, voire 20 heures... Et que le boulot est fait. Mais bon, comme je le dis avec un peu de recul : "on voit toujours ceux qui arrivent tôt, jamais ceux qui décollent tard".
Autre chose qui joue en ma défaveur : je viens en voiture à défaut de prendre le metro. Je ne peux malheureusement pas faire autrement : je suis claustro. Pendant plusieurs années, j'ai tenté de vaincre cette phobie qui provoquait chez moi des excès de sueur et d'angoisse, états qui me faisaient arriver au bureau livide et trempée... Pendant trois ans, j'ai essayé. Sans succès.
Encore autre chose... il m'arrive d'être assez expressive au bureau. Dans la joie comme dans la peine. Ca dérange. Là où je gagne ma croute, il faut être lisse, ne pas laisser ses émotions transparaître... La jouer "bon petit soldat qui fait le béni oui oui en toutes circonstances quitte à défendre des idées dépourvues de bon sens"... et minauder devant son directeur... Le côté spontané, sincère, ça fait désordre et ça dérange profondément ceux qui ont construit leur carrière sur des attitudes politiquement correct, et qui sont des adeptes convaincus du clientèlisme dont ils bénéficient des ressorts miraculeux.
Bref, bref... tout cela pour vous dire que mon gentil faux cul de collègue qui a fait le choix de s'enterrer en région parisienne (un des coins les plus chers des Yvelines, je précise, à 55 minutes portes à portes), qui a fait le choix de faire un enfant, qui a fait le choix de le chercher le soir pendant que sa douce (gentille faux cul bouffée par la jalousie) qui bosse dans la même boite et la même direction, s'en occupe le matin, est obligé de se lever aux aurores alors que ma petite gueule d'amour arrive deux heures plus tard, soit cinq heures après lui (il se lève soit disant à 5 heures du mat pour préparer un seul enfant. Le jour où il en fait un second, il ne dormira plus !). Et ça ça l'agace tellement que quand j'ai le malheur de me pointer dans son bureau en demandant joyeusement "Ca va ? Y'a du café ?", il trouve que c'est déplacé. Seule remarque : il aurait pu me le dire frontalement.... Mais bon, le gentil faux cul ne sait pas faire ça. Il ne serait pas faux cul sinon. Il serait juste gentil. Ca ne suffit pas pour progresser ça.
Alors, voilà, me suis fait remonter les bretelles, vais désormais être pistée encore plus par Boss domestiqué et ne demanderai plus si ça va ou s'il y a du café. J'arriverai tôt le matin et partirai tôt le soir. Je prendrai mes vacances en pleine période de vacances scolaires (période idéale de vacances pour célibataires fauchés)... Même si je n'ai pas d'enfant à chercher à la crèche, que je n'habite pas un coin chic au fin fond des yvelines, que je n'ai pas de problèmes de metro, que je n'ai pas de jules, que personne ne m'attend chez moi le soir et que j'aime travailler dans le noir. Voilà. C'est ce qui s'appelle "travailler en équipe". "
"La liberté des uns commence là où s'arrête celle des autres". Je traduis : ma liberté de ptite gueule d'amour célibataire sans limitation d'horaire s'arrête là ou commence la liberté d'un gentil collègue faux cul qui a fait un enfant et qui a décidé de vivre à l'autre bout de Paris. Parce que comme le dit Boss domestiqué "ils ont fait le choix d'élever leur enfant avec de l'air, de la verdure et un confort nécessaire..." Puisque la tolérance est soumise à des questions de procréation, il ne me reste plus qu'à trouver un géniteur et à faire comme ces pauvres zombies. Le hic, c'est que je ne suis pas du genre à faire comme tout le monde et qu'au moins, grâce à cela, j'emm... personne avec mes choix.
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